Pour l'AG du 1er octobre

Ce que je dirai à l’AG du 1er octobre

Un texte nous est soumis dont l’intitulé est sans équivoque :

« Pour faire gagner la gauche face à l’extrême droite, Une campagne communiste avec Jean-Luc Mélenchon »

Mais pourquoi prenons-nous cet engagement seulement aujourd’hui ?

Que s’est-il donc passé depuis notre précédente AG du 30 juin, pour que cet engagement finisse par s’imposer ?

J’estime que nous l’avons différé de trois mois en pensant que les deux gauches pourraient sortir de l’impasse dans laquelle elles se trouvent, et se réconcilier afin de présenter une candidature commune. Encore à la fête de l’Humanité, un texte était distribué par AC où il était réaffirmé l’exigence, je cite, : « d’un rassemblement de la gauche autour d’une candidature commune, d’un programme de rupture » .

Cet espoir illusoire a inspiré plusieurs déclarations de AC : 8 juillet sur le Congrès du PCF, 29 août pour la consultation sur la candidature de fabien Roussel, 6 septembre à l’issue du vote confirmant cette candidature.

Ce que je déplore, c’est qu’elles donnent l’impression d’émaner de membres du PCF meurtris par ce qu’est devenu leur parti, et ne qui se résignent pas à le voir disparaître.

J’entends cela, mais ce ne peut-être la vocation de notre réseau.

Pour celles et ceux qui espèrent pouvoir sauver le PCF, il y a « Nos révolutions ». Ce groupe d’adhérents vient de lancer une pétition avec l’objectif, selon ses termes, d’« agir ensemble » pour soutenir la candidature de JLM. Pour ce faire, il formule trois objectifs dont l’un est « d’œuvrer pour la présence renforcée d’un groupe communiste à l’Assemblée nationale e ». Il s’agit bien, aussi, de sauvegarde du PCF.

Notre réseau, c’est tout autre chose. Sa singularité est double :

1- Celle de décrypter les idéologies qui s’opposent à la visée communiste. Évidemment, et en tout premier lieu, l’idéologie fasciste. C’est une idéologie létale. Mais il en est d’autres, qui se contentent de faire obstacle à la visée communiste. De ce point de vue, je pense, qu’avec le règne sans partage du néolibéralisme, l’idéologie social-démocrate a changé de nature. Sa dimension réformiste, celle qui voulait accommoder ou s’accommoder du capitalisme, s’est effacée au profit exclusif de la défense de ce système.

2- Notre deuxième singularité devrait être d’analyser les idéologies de rupture anticapitaliste, de s’intéresser aux forces qui les portent, et aux stratégies politiques qu’elles adoptent.

Nous avons vocation à nous prononcer sur les stratégies qui vont dans le sens de la visée communiste, de les approuver ou pas, de les soutenir ou pas.

Dans la perspective des échéances électorales de 2027, quelle est la stratégie que nous pouvons soutenir ?

Selon moi, la seule stratégie crédible de rupture est portée par la candidature de Mélenchon, Il n’y a pas d’autre alternative.

Ici une remarque, dans le texte qui nous est soumis, figure une phrase qui ne se trouvait pas dans sa première mouture : celle qui dit que nous nous engageons dans la campagne de Mélenchon, « pour ouvrir le chemin qui rendra le pouvoir au peuple », avec la précision suivante « non pour remettre notre destin entre les mains d’un homme »

je ne suis pas d’accord avec cette formulation. Cet ajout est une concession aux camarades les plus frileux, les plus réticents de notre réseau.

Nous devons prendre acte que LFI occupe une place hégémonique dans la gauche de rupture. L’hégémonie n’implique pas nécessairement la domination. Il n’est pas sûr que LFI soit capable de s’en préserver. Mais en tout état de cause, nous ne devons pas en faire la condition de notre soutien à la candidature de Mélenchon.

Tout indique, que cette candidature commence à devenir celle d’un rassemblement qui va au delà de LFI, mais qu’elle n’est pas, en tout cas, pas encore, celle d’ un rassemblement construit en commun.

Peut-être pouvons nous contribuer,à la mesure de notre modeste influence, à ce que cela devienne possible.