Alternative communiste vient de publier une pétition sous le titre : « Congrès du PCF : errare humanum est, perseverare diabolicum ». Je ne la signerai pas.
Ma première raison, c’est qu’il s’agit d’un texte dont le « nous » renvoie, implicitement, aux seuls communistes, membres du PCF. Le terme « Communistes », dans le texte, ne distingue pas les « communistes de carte » des « communistes de conviction » qui ne se réclament plus du PCF, ou n’en sont jamais réclamé.es. Comme on va le voir, cette référence aux seuls « communistes de carte » se précise dans le reste du texte
Plus fondamentale est ma deuxième raison de ne pas signer ce texte.
Pourtant, j’en approuve l’attendu qui évoque le « risque réel de voir l’extrême droite accéder au pouvoir en 2027 ». Mais qui veut-on convaincre en en déclinant les conséquences désastreuses, parfaitement connues des militant.es auquel.les ce texte s’adresse ? Les personnes qui n’en seraient pas persuadées n’ont rien affaire avec ce texte, tout comme celui-ci n’a rien affaire avec elles.
Venons en à ce que le texte a de plus discutable :
1- Il se prononce à partir de l’idée d’un PCF « fidèle à son histoire », alors que cette « histoire » alterne des actes admirables, avec des déloyautés notoires à la conception authentiquement marxiste, d’un communisme libérateur et émancipateur.
2-Le « rassemblement des forces de gauche » ne peut pas être posé comme un paradigme hors sol. Il devrait être celui de toutes les personnes, affiliées, ou pas, à une organisation, militantes, ou pas, qui agissent pour une alternative au pouvoir de la bourgeoisie. Leurs motivations et engagements sont divers. Certaines s’en tiennent à l’alternative politique, d’autres veulent aller jusqu’à l’alternative antilibérale. Pour l’heure, le danger fasciste motive amplement leur rassemblement.
Ce rassemblement, il faut lucidement reconnaître, est gravement handicapé par le refus des partis de « gauche » de s’allier. C’est une donnée objective que l’on peut regretter, mais qu’on ne surmontera pas par des injonctions ou des déplorations. De ce point de vue, le débat sur les « deux gauches irréconciliables » n’a plus de sens. Une interprétation, aujourd’hui dépassée, voulait que la gauche réformiste, façon PS, et la gauche révolutionnaire, façon PCF, n’étaient pas irréconciliables. Mais, ces temps sont révolus. Aujourd’hui, force est de reconnaître que les rôles historiques respectifs de ces deux partis sont achevés.
Il faut concevoir le rassemblement autrement. :
1-D’abord, en s’adressant, ainsi que le dit ce texte, à « toutes les citoyennes et tous les citoyens qui refusent le choix imposé entre le néolibéralisme et l’extrême droite. ». Encore faut-il ajouter que cette conviction ne nécessite pas une affiliation à une quelconque organisation, partisane ou pas.
2- Ensuite, il faut bien s’entendre sur « les tâches des coordinations qui traduiraient dans chaque département ce rassemblement ». Je partage ce qu’en dit le texte : « combattre l’extrême droite, reconstruire l’espoir populaire, faire vivre l’unité populaire à la base et créer les conditions politiques d’une victoire de la gauche en 2027 ». Mais, à cette énumération , il manque une tâche devenue incontournable. Au stade où nous en sommes, il ne faut pas laisser entendre qu’un rassemblement à la base permettrait de rendre la raison aux forces politiques de gauche, EELV, LFI, PCF, dont j’exclue désormais le PS. (D’ailleurs le texte se voit obligé de parler des « socialistes de gauche »).
3-Une situation nouvelle s’est durablement installée. LFI est incontestable le maître du jeu. La candidature de Jean Luc Mélenchon cristallise les aspirations populaires au changement. Celles et ceux qui s’en réjouissent, sont déjà mobilisé.es. D’autres, le reconnaissent, un peu à contre cœur. D’autres encore, se prennent encore à rêver à une autre candidature de rassemblement à l’a Présidentielle.
Si nous voulons être conséquents, c’est pour la candidature de Mélenchon qu’il faut plaider. Et puis, arrêtons de faire passer cet acte de lucidité pour un ralliement ou une allégeance. Cela ne vaut nullement acceptation de tout ce que disent et écrivent LFI et son candidat.
Le moment est venu d’appeler à voter Mélenchon